L’imagination crée des possibilités
— Pr Daniel P. Brown

thérapie de l'attachement :
la méthode de la figure parentale idéale

Les études longitudinales, qui suivent des personnes depuis leur naissance jusqu'à l'âge adulte, menés au cours des dernières 40 années ont montré que l’être humain se construit dans l’interaction avec ses figures dites d’attachement, en général les parents, qui protègent l’enfant et facilitent à travers des interventions spécifiques le développement de ses capacités et ressources psychologiques fondamentales. Ces figures d’attachement ainsi que la relation avec eux sont intériorisées sous forme de représentations mentales qui continuent à agir sur l’état mental du sujet à l’âge adulte. 

Les interactions avec des figures d’attachement abusives, incohérentes, peu fiables ou insensibles, interfèrent voire empêchent le développement normal de l’enfant en créant une vulnérabilité générale aux troubles mentaux à l'âge adulte. Ainsi, l'attachement insécure dans l'enfance est associé à l'âge adulte à la dépression, les troubles de la personnalité, les addictions, les troubles de comportement, le PTSD, et peut-être plus important, le trauma complexe. 

Aussi, il a été démontré que l'attachement joue un rôle fondamental dans la capacité à former des liens amoureux intimes et de longue durée. Un attachement relativement sécure est un element clé pour construire une relation pleine. En revanche, un attachement dit préoccupé soit évitant apporte une importante dose de complications aux relations de couple.

Mais la bonne nouvelle est que la sécurité de l’attachement est loin d’être fixée pendant l’enfance. Plusieurs auteurs ont constaté que les interactions imaginaires avec des figures d'attachement sécurisantes à l'âge adulte ont tendance à déclencher un sentiment de sécurité en augmentant les ressources psychologiques pour traiter les problèmes et les adversités.

De ce fait des méthodes thérapeutiques se sont développées sur ce principe. La plus complète de ces méthodes, développée pendant 20 ans par les Drs. Brown, Elliott  et leurs collègues à Boston, s'appelle la Méthode de la Figure Parentale Idéale. Cette méthode vise à une reconfiguration positive des représentations de l'attachement chez le patient en utilisant des techniques de visualisation dont le patient est guidé à travers des expériences imaginaires d'interaction avec des figures d'attachement bienveillantes.

J'ai été formé à cette méthode par le Dr Brown à Boston, puis par le Dr Elliott à Stockholm. J'ai mené une recherche clinique durant deux ans au sein de l'Unité de Recherche Clinique de Ville Evrard, en étroite collaboration avec la Pr Carol George, "mére" de la théorie de l'attachement adulte. Pendant cette étude j'ai traité 17 patients victimes d'inceste et portant des diagnostics psychiatriques lourds, avec la méthode de la Figure Parentale Idéale. Bilans effectués avant-après ont montré des résultats fascinants, avec l'échantillon tout entier reportant une diminution significative de la symptomatologie psychopathologique et une augmentation significative de la qualité de vie.

J'ai été invité à présenter ces résultats dans deux congrès de la Society of Personality Assesment à Chicago, puis à San Francisco, et nos résultats ont été soumis à un des journaux le plus prestigieux sur les psychotraumatismes, le European Journal of Psychotraumatology

Cette approche thérapeutique permet aux patients un degré d'autonomie importante, car la visualisation peut être enregistrée en audio par le thérapeute puis écoutée à la maison, de telle façon que l'intervention devienne plus efficace par le biais de la répétition au quotidien. 

Étant donné que les troubles associés à l'insécurité de l'attachement sont multiples, cette approche thérapeutique peut bien servir dans le traitement d'un grand nombre de troubles : psychotraumas dans l'enfance ou la vie adulte; symptômes dépressifs et anxieux; troubles de la personnalité, et bien d'autres.

Cette approche est spécialement indiqué pour les problèmes relationnelles qui s'expriment dans les relations de couple, comme la possessivité, la peur de l'abandon, l'évitement de l'intime, ou la peur de l'engagement.  

Mon superviseur clinique, le Dr. David Elliott, est coauteur de la méthode et l'enseigne à l'échelle internationale.